Étranges disparitions

Qualité de l'interprétation du personnage (RP) Allant de 1 à 5 :
  • 1 : Interprète très mal son personnage, en contradiction avec son alignement, etc...
  • 2 : Interprète assez mal son personnage, (vague omniscience, utilisation d'informations hrp)
  • 3 : Interprète correctement son personnage.
  • 4 : Interprète bien son personnage et le fait évoluer, utilise ses traits, son background, etc...
  • 5 : Interprète très bien son personnage et lui donne une personnalité identifiable qui contribue à en faire un personnage mémorable.
Qualité de jeu en groupe, de 1 à 5 (jeu) :
  • 1 : Ignore ou empêche le groupe de faire évoluer les situations qui sont crées, qu'elles soient utiles au scénario ou non.
  • 2 : Ignorer ou empêche un joueur ou le MJ de faire évoluer les situations qu'il créé.
  • 3 : Joue dans le sens du groupe.
  • 4 : Permet à un autre joueur ou MJ de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
  • 5 : Permet au groupe de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
Qualité de forme (qualité) de 1 à 5 :
  • 1 : Fautes de français nombreuses et non respect des conventions d'écriture.
  • 2 : Lecture globalement désagréable ou peu compréhensible.
  • 3 : Qualité correcte.
  • 4 : Bonne qualité d'écriture, inventivité, synthétique ou facilement compréhensible.
  • 5 : Très bonne qualité d'écriture, style propre.
FroloX
FroloX

A quelques lieues au nord du Gué-de-la-dague


Les deux volontaires désignés suivirent l'elfe guide jusqu'au ruisseau, l'air d'avoir reçu pour ordre de nettoyer les latrines... Pourtant, arrivé sur place, les traces de la bête dans la terre meuble du ru ne laissait aucune place au doute. Il y avait bien là une menace sérieuse qui se baladait dans le coin.

Le plus jeune n'en menait pas large et Quarion se demandait s'il n'allait pas se pisser littéralement dessus avant peu... Elle était belle la garde !
Heureusement, l'autre semblait avoir plus de bouteille et il se pencha même pour observer les empreintes avec attention. Sa réflexion ponctuée de Mmh à répétition il finit par faire face au rôdeur.

- Merci de nous avoir prévenus...
Nous allons envoyer un pisteur et une unité pour traquer cette créature et si elle s'avère dangereuse...

Il montra le cours d'eau, puis les traces qui continuaient en direction du nord.

- En attendant, nous serions vos obligés si vous décidiez de continuer à la suivre.
" Il y a dans cette direction un petit village qu'il faudrait prévenir. Il est en dehors de notre juridiction, mais vous n'êtes pas sujet à ces problèmes administratifs...

Au regard de l'homme, Quarion compris qu'il était inquiet et peut-être même frustré de ne pas pouvoir le faire lui-même.

13/12/2024 17h20
Quarion
Quarion

Quarion étaient revenu au ruisseau, un des gardes n'était pas très à l'aise de la situation, mais par chance le deuxième avait bien plus d'expérience.

Je fixai le garde qui m'adressa sa demande ma main droite, je la pose avec la grâce des elfes sur son épaule comme pour le rassurer.
- "Rassuré vous, je vais aller à ce village et les prévenir quant à vous faite très attention à votre collègue, je le sens en stresse."-

Et avec verdouille on reprend la route en direction du petit village indiquer par le garde

14/12/2024 22h13
FroloX
FroloX

A quelques lieues au nord du Gué-de-la-dague


L'homme eut un sourire gêné lorsque Quarion lui parla de l'inconfort de son collègue. Accueillant l'assentiment du rôdeur, il le remercia d'un hochement de tête et le regarda partir.

La piste de la bête n'était plus de première fraîcheur et plusieurs fois, Quarion pensais l'avoir définitivement perdu, l'obligeant à rebrousser chemin. Pourtant, peu avant le coucher du soleil, il découvrit quelque chose qui lui confirma qu'il était sur le bon chemin...
Là, sous le couvert d'un bosquet de chênes, les restes d'un énorme animal gisait dans une mare de sang séché et une nuée de mouches. Un ours des cavernes !

Les charognards avaient déjà bien commencé leur œuvre, mais les indices ne trompaient pas. Le cuir de la peau de l'ours avait été profondément lacéré par des griffes. Difficile de dire si l'auteur de cette attaque l'avait pour se nourrir ou guidé par un instinct primal incontrôlable, car la nature avait fait son œuvre.

Quelle que soit la réponse, il faudrait attendre le lendemain pour continuer les recherches. Quarion pouvait se mouvoir sans problème dans la nuit, grâce à sa vision nocturne, mais suivre une piste serait d'autant plus compliqué.

Console R.P.

Lancé de 1d20+1 ~ [11] : 12

Edition 17/12/2024 13h23 par FroloX
17/12/2024 13h22
Cassiopée Talitha
Cassiopée Talitha

Cassiopée quitta Vilrena, le pas rapide et l'air inquiet alors qu'elle marchait dans les rues d'Eauprofonde. La note du Valet Bleu avait été plus salé qu'elle ne l'aurait cru et heureusement qu'Eldrin avait agi courtoisement en payant leurs boissons avant de partir, sinon elle aurait du rester pour la plonge. La petite magicienne entra chez elle avec un gros soupir, elle salua Jasmine avec un sourire fatiguée et demanda à être prévenue quand ses parents rentreraient, ils ne tarderaient probablement pas.

Cassiopée récupéra un sac à dos et fourra quelques affaires dedans : quelques livres, son précieux grimoire, les parchemins confiés par son père, son balai, encre, plume, bref, tout ce dont elle pourrait avoir besoin et même un peu plus, mais elle eut beau cherché dans toute la pièce, elle avait dû embarqué toutes ses économies avev elle au Valet Bleu, consciente que Vilrena en profiterait probablement un peu trop. Un grognement s'échappa de ses lèvres. Elle n'avait pas le temps de passer à la banque, pas pensé à demander une avance pour cette mission absurde et maintenant elle se retrouvait le bec dans l'eau à devoir quémander quelques pièces à ses parents, ce qu'elle détestait. Entre son intronisation à l'ordre, ses velléités de réconciliation avec sa sœur et des missions où l'évocation même d'une avance faisait froncer certains sourcils... Elle soupira, inspira et s'apprêta à redescendre avec son barda et l'espoir que ses parents pourraient l'aider encore une dernière fois avant son départ... Le tout sans évoquer le nom de Vilrena.

Se sentant prête, Cassiopée allait quitter sa chambre - atelier - bibliothèque, lorsque Jasmine apparut à sa porte. Elle avait les bras chargés de paquets et stoppa net en voyant la magicienne ainsi équipée pour son expédition. Son regard parlait pour elle, trahissant l'afflut de souvenirs des années passées à veiller sur cette enfant... Les yeux embués, la nounou posa ses paquets sur un tabouret de velours et prit Cassiopée dans ses bras.

- Mon enfant, comme vous allez me manquer ! Fit-elle dans un sanglot refoulé.
" Tu es tellement grande...


Cassiopée sursauta quand elle manqua de percuter Jasmine à la sortie de sa chambre. Son expression se tordit immédiatement en croisant celle de sa vieille nounou et elle ne résista pas son étreinte, la rendant même volontiers en laissant s'échapper un peu de l'angoisse accumulée dans la journée. Elle ne voulait pas inquiéter Jasmine, mais c'était plus fort qu'elle et sa voix était moins assurée qu'elle ne l'aurait voulu quand elle répondit avec un petit rire rauque d'émotion :

"Je ne me sens pas grande du tout Mamine..." dit-elle en utilisant volontiers le petit nom qu'elle avait toujours employé pour la femme qui avait tant participé à son éducation.

Cassiopée prit une grand inspiration et réussit à s'extirper un peu de l'embrassade douce amère, forçant un sourire sur ses lèvres.

"Mais c'est juste pour quelques semaines ! Je reviens bientôt... À ce sujet, tu sais quand mes parents rentrerong ? Je voulais leur demander encore un peu d'aide pour le départ. Après tout ce qu'il s'est passé je n'ai plus de fond et pas le temps d'en récupérer." Elle lâcha un bref soupir, grommelant entre ses lèvres "Ils auraient pu me donner une avance s'ils comptaient m'envoyer si loin, mais j'imagine que c'est de ma faute si je ne sais juste pas encore gérer mon propre argent."

Jasmine se força à reprendre un air digne. Dans le sourire qui illuminait son visage, Cassiopée put lire de la fierté.
Répondant aux interrogations de sa protégée, la Calishite s'affaira avec ses paquets et les lui tendit un par un, avec une justification pour chacun...

- Tiens, je t'ai pris la couverture la plus légère et chaude que j'ai pu trouver, c'est de la soie de mon pays et du duvet de canard, il n'y a rien de mieux pour les nuits fraîches...
" Je t'ai trouvé une bonne cape aussi, s'il se met à pleuvoir, tu dois te protéger, on attrape vite froid quand on est mouillé...
" Ça, c'est des repas froid, ton plat préféré ne se mange pas bien froid malheureusement, mais j'ai fais au mieux... Je t'ai ajouté quelques loukoum... Ajouta-t-elle avec un clin d'œil complice.

Finalement, elle détacha une bourse de sa ceinture et la tendit à Cassiopée, pinçant les lèvres.

- Tu y trouveras de quoi payer tes frais... Tes parents ne pourront pas être là, mais ils tenaient à ce que j'organise au mieux ton départ.

Cassiopée connaissait bien sa Mamine et elle comprit aussitôt que ses parents n'avaient pas donné de consignes pour laisser de l'argent à leur fille... La bourse contenait certainement les économies de Jasmine...


La jeune femme rangea précieusement chacun des objets dans son sac, calant chaque cadeau avec d'infinies précautions, profitant de ses gestes lents pour ne pas laisser couler les larmes qui lui montait aux yeux ; jusqu'à la bourse. Elle allait la prendre puis fronça les sourcils.

"Ce n'est pas l'argent de mes parents, Mamine, n'est-ce pas ?" dit-elle doucement.

Le remord et la reconnaissance faisait trembler la voix de Cassiopée, mais elle faisait de son mieux pour essayer d'avoir l'air un peu ferme.

Le sourire de Jasmine se modifia imperceptiblement. Cassiopée n'avait pas été dupe, mais elle s'en doutait et répondit le plus naturellement du monde.

- Ne t'inquiètes pas, dès qu'ils seront rentrés, je leur en parlerai.
" Ton père me remboursera la moindre piécette, tu le connais...

La nounou prit la magicienne dans ses bras et lui frotta le dos doucement.

- Là, là... Il est temps maintenant ! Sauve-toi ma *grande
, va sauver le monde !

Cassiopée secoua la tête vigoureusement. Si elle ne doutait pas que son père ne laisserait jamais sa fille prendre toutes les économies de leur domestique sans rien dire, elle était aussi convaincue que Jasmine pouvait tout aussi bien ne rien dire pour lui éviter de se faire trop vertement tanser à son retour.

"Je ne vais sauver personne et tu as économisé tout ça avec ton travail ! Je peux pas tout prendre, Mamine !" protesta-t-elle en pinçant les lèvres.

*Jasmine prit soudain un air faussement autoritaire, qui pourtant avait la force d'un commandement divin pour Cassiopée.

- Mais je ne te laisse pas le choix jeune fille, prends cet argent !

Sur ces mots, elle se retourna et partit à grandes enjambées.

- Je dois préparer à manger pour ce soir... Vos parents seront affamés à leur retour, ils le sont toujours quand ils s'inquiètent... Lança-t-elle, déjà loin.


Cassiopée laissa tomber son sac et s'elança à la poursuite de sa nounou pour la prendre dans ses bras une dernière fois.

"D'accord... D'accord Mamine. Mais j'espère que tu me laisseras te rembourser chaque pièce de cuivre !" fit-elle avec un petit renifement.

Elle fit un pas en arrière en se frottant les yeux rapidement.

"Tu diras au revoir à maman et papa ce soir pour moi."

Encore un pas, la magicienne saisit son sac et le passa sur ses épaules. Elle avança jusqu'à la porte, fit un petit signe à Jasmine et puis la referma en sentant son cœur se serrer.

Bien. Ça c'était fait. En attachant la précieuse bourse à sa ceinture, Cassiopée s'elança vers le lieu de rendez-vous, le cœur encore un peu lourd d'angoisse.

17/12/2024 14h24
Eldrin Valen
Eldrin Valen

Eldrin se leva et salua les deux jeunes femmes d'une révérence. Il leur laissa l'adresse de ses parents afin qu'elles puissent le rejoindre quand elles seraient prêtent à partir ainsi que quelques pièces en paiement des boissons comme promis.

Tandis qu'il arpentait les rues animés en se dirigeant vers la maison de ses parents, il ne cessait de penser aux questions qu'il pourrait leur poser concernant la mission.
Parvenu chez eux, il confia son sac et sa veste à un domestique avant de se diriger vers le bureau de son père où se dernier, comme à son habitude, était occupé à travailler.

- Bonjour père. Si vous avez un peu de temps à m'accorder, j'aimerais vous poser quelques questions. Puis je prendre un siège ?

Monsieur Valen, le nez dans un parchemin couvert de runes anciennes ne leva pas la tête de son étude, le front plissé, les yeux fixes, on eut dit qu'il voulait transpercer le papier d'un simple regard. Des dizaines de documents du même type étaient éparpillés sur son bureau.

- Oui, fils ? Répondit-il simplement.
" Je t'écoute... Mais fais vite je te prie."

Eldrin prit un siège en levant les yeux au ciel et soupirant intérieurement, il n'avait que trop l'habitude de ce genre de comportement de la part de ses parents.
Mais il savait également comment attirer leur attention, il fallait les surprendre pour les faire réagir. Il réfléchit une seconde puis annonca en souriant.

- Je tenais à vous dire que j'ai rencontré la jeune Cassiopée Talitha et que nous sommes tombés d'accord au sujet de notre mariage.

Il resta, souriant et attendant la réaction de son père.

La tirade était bien trouvée et le jeune homme y avait mis le ton, mais ce ne fut pas suffisant pour faire lever les yeux de son historien de père. Celui-ci se contenta de rétorquer :

- Très drôle fils... Alors, qu'as-tu à me dire ?

Eldrin eut un sourire en coin. Que fallait il pour faire réagir cet homme, ou alors la pillule était trop grosse ?
Il balaya la question et en vint au fait.

- C'est au sujet de la mission qui m'a été confiée. J'aimerais avoir plus de détails et savoir en quoi cela me concerne.

Cette fois, son père leva les yeux, croisant le regard de son fils. Toujours aussi insondable, Eldrin n'y vit aucune surprise, ou autre émotion susceptible de le guider vers la réaction à adopter.

- A toi de me le dire, commença-t-il énigmatique.
" Arthur m'a expliqué que tu t'intéressait aux mêmes lectures qu'une de leur jeune mage... Et qu'elle aurait besoin de quelqu'un comme toi pour veiller sur elle et négocier avec un mécène de l'Ordre... Un nobliau de la région.

Il ajusta sa position dans son siège, sans quitter son fils du regard.

- Vous partez quand ? Ajouta-t-il alors.

toujours aussi froid et énigmatique qu'une ruine antique celui là.

Cette pensée le fit sourire intérieurement mais il n'en montra rien, rassemblant dans sa tête les informations qu'il avait.

- Arthur m'a effectivement demandé d'accompagner une jeune femme chez le comte de Cormaeryn qui nous aurais convié elle et moi pour un événement mondain, la fête de la longue nuit.

Il réfléchit un instant tout en passant sa main dans ses cheveux.

- Il paraît que je me serais porté volontaire pour servir de cavalier, mais je n'ai aucun souvenir de cela voyez vous.

Sans laisser à son père le temps de répondre il poursuivi.

- Et quand est il de cette histoire de négociation ?

Eldrin nota un sourcil levé à l'évocation du volontariat. Apparemment, son père n'avait pas apprécié le sous-entendu...

Il posa son document à côté de lui, joignit les mains et posa ses avants-bras sur le bureau avant de répondre.

- Quand Arthur m'a parlé de toi et de ton intérêt pour les artefacts étudiés par miss Talitha, il est possible que j'ai évoqué tes facilités linguistiques et ta propension à creuser les sujets avec talent...
" Cet homme, Cormaeryn, est prêt à débourser de fortes sommes pour organiser une expédition...
" Mais peut-être me suis-je avancé en proposant ton aide ?

Pour seule réponse à la posture de son père et au fait que ce dernier semblait enfin s'intéresser à la discussion, Eldrin afficha un sourire de satisfaction en coin,.

- Avancer ? Oui, certainement.

Il croisa les jambes, les bras posés sur les accoudoirs de son siège.

- En résumé, vous aviez besoin de vous attirer les bonnes grâces d'un mécène et pour ce faire vous avez décidé avec Arthur d'envoyer cette jeune femme dont il apprécie le travail ainsi que votre fils pour appâter un gros poisson ?

Il decroisa les jambes et se pencha en avant.

- Il aurait peut-être fallut que vous y alliez avec mère, vous êtes bien plus célèbres et doués pour ces mondanités, non ?

Son père écarquilla les yeux de surprise, la colère se lisant maintenant parfaitement dans son regard... Pour s'évanouir la seconde suivante. Seul un petit soupir vint accompagner le changement. C'est avec un calme dérangeant qu'il reprit... Avec une différence notable.

- Nous n'avons besoin d'attirer les faveurs de personne...
" J'ai émis l'hypothèse qu'un voyage vous ferait le plus grand bien, au lieu de passer votre temps dans les couloirs des bibliothèques.
" A vous de décider si cette opportunité pique votre intérêt ou non...

Sur ces mots, il reprit son document.

- Les chevaux sont équipés et vous attendent aux écuries. Maintenant, laissez-moi, je dois travailler.

Eldrin entendit clairement qu'il avait insisté sur ce dernier mot.

17/12/2024 18h11
Eldrin Valen
Eldrin Valen

Eldrin exulta intérieurement en voyant son père perdre son calme mais s'efforça de ne rien laisser transparaître.
Seule la mention des couloirs de la bibliothèque lui provoquant un bref tic nerveux à l'oeil.
Les derniers mots de son père ne laissaient aucun doute quand à la fin de cette conversation et il savait pertinemment qu'il serait inutile d'en rajouter. Il se leva alors et salua d'une courbette.

- Je vous remercie pour cette opportunité, je ne manquerai pas d'en tirer la meilleure expérience possible.

Puis il tourna les talons et se dirigea vers la porte. Une fois cette dernière ouverte il se retourna une dernière fois.

- Et je ferais en sorte de mener à bien ma mission et de faire honneur au nom des Valen.

Il referma la porte et prit la direction des cuisines, où il demanda, d’un ton ferme et précis, qu’on prépare des rations pour son voyage. Ses instructions ne souffraient aucune hésitation, sa voix portant ce mélange d’autorité et de hâte qui caractérise ceux pour qui chaque minute est précieuse.
Puis avant de retourner à sa chambre afin de préparer ses affaires il alla trouver le majordome de la maison.

- Vous êtes certainement au courant que je doive prendre la route dès aujourd'hui pour une mission qui m'a été confiée par mon père, vous voudriez bien vous assurer que les cheveaux soient prêt comme il l'a demandé et en faire préparer un de plus car nous serons trois.

Il réfléchit un instant.

- Miss Cassiopée Talitha et une autre personne devraient bientôt arriver, vous voudrez bien les installer au petit salon et me faire prévenir dès qu'elles seront là. Merci par avance.

Puis juste avant de prendre congé, il ajouta.

- Je n'ai pas eu le temps d'en parler à mon père car il est très occupé mais il serait bien que je puisse disposer d'une certaine somme d'argent pour le voyage et les faux frais. Vous serez également très gentil de vous en occuper.

Il avait bien insisté sur le fait que son père était occupé à dessein et avant même que le majordome ne puisse répondre il le laissa et rejoignit sa chambre pour préparer son sac.

Eldrin referma la porte de sa chambre derrière lui avec un soupir mesuré, le visage impassible, mais ses pensées, elles, s’activaient avec une précision redoutable. Le majordome. Bien sûr qu’il irait en parler à son père. C’était dans sa nature, presque dans ses fonctions. Fidèle, méticuleux, un homme qui ne laisserait pas une demande aussi inhabituelle passer sous silence. Une pointe d’agacement effleura Eldrin alors qu’il lançait son sac de voyage sur le lit. Rien n’échappe au regard de l’ombre de cette maison, songea-t-il avec un soupir intérieur.

— Je n’obtiendrai rien par ce biais…

Son regard se posa sur la fenêtre, dont les rideaux de velours tamisaient la lumière grise de l’extérieur. Là où son père était une muraille infranchissable, sa mère représentait une autre forme d’autorité : plus douce, plus subtile, mais tout aussi redoutable dans ses propres convictions. Et pourtant, elle savait écouter. Du moins, si l’on parvenait à frapper juste.

Eldrin jeta un dernier coup d’œil à son sac, encore à moitié vide, puis s’empara d’une chemise jetée sur un fauteuil pour compléter sa tenue avant de quitter la pièce. Il déambula dans les couloirs familiers de la maison Valen, attentif au moindre bruit de pas. Le silence régnait en maître dans cette demeure où chaque murmure semblait amplifié par la pierre froide. Il s’arrêta devant une porte légèrement entrouverte, celle de la petite serre intérieure où sa mère passait l’essentiel de ses matinées.

L’odeur d’humus et de verdure l’accueillit lorsqu’il poussa doucement la porte. Lady Valen était là, comme toujours, assise dans un fauteuil en rotin, une paire de ciseaux fins à la main, s’affairant à tailler avec soin un buisson d’agrumes miniatures. La lumière douce des vitraux colorés baignait son visage d’éclats dorés et pourpres. Malgré l’apparente tranquillité de la scène, Eldrin savait qu’elle avait déjà perçu sa présence.

— Eldrin, souffla-t-elle sans lever les yeux de sa tâche. — Te voilà bien matinal pour venir troubler ma quiétude. Dois-je en déduire que tu es dans l’embarras ?

Il esquissa un léger sourire, se rapprochant lentement. Sa mère ne lui accorda toujours pas un regard, mais il savait que chaque mot qu’il dirait serait pesé, jugé, soupesé.

— Je ne dirais pas "embarras", mère, plutôt… une nécessité pragmatique.

Elle s’interrompit brièvement, déposant ses ciseaux avec grâce sur la petite table d’appoint, avant de lever enfin les yeux vers lui. Son regard gris perle, si semblable au sien, l’examina avec une lueur amusée.

— "Nécessité pragmatique"… Voilà qui est élégant. Je t'écoute.
Eldrin prit un instant pour formuler sa demande avec soin. Ses gestes restèrent maîtrisés tandis qu’il s’accroupissait légèrement pour se placer à sa hauteur, à la manière d’un soldat prêt à négocier une trêve.

— Père m’a confié une mission qui, je crois, est d’une certaine importance pour l’honneur de notre maison. Mais il a omis, probablement par oubli, de me fournir les moyens financiers nécessaires pour m’acquitter de cette tâche dans les meilleures conditions.

Lady Valen haussa un sourcil, son expression neutre masquant à peine une lueur d’intérêt.

— Et tu viens plaider ta cause auprès de moi ?

— Qui mieux que vous pour comprendre l’importance des détails dans une mission réussie ? Vous m’avez toujours appris que les moyens et une bonne préparation conditionnent les résultats, mère.

Lady Valen resta silencieuse un instant, ses yeux fixés sur Eldrin comme pour sonder ce qui se cachait au-delà de ses mots soigneusement choisis. Puis, lentement, elle se redressa dans son fauteuil, ses mains glissant avec grâce le long des accoudoirs. Une ombre de sourire effleura ses lèvres, un sourire qui n’avait rien de réconfortant.

— Les moyens conditionnent les résultats, c’est vrai, dit-elle enfin, d’un ton presque méditatif. Mais encore faut-il savoir ce que l’on vaut lorsque les moyens viennent à manquer.

Eldrin fronça imperceptiblement les sourcils. Le poids sous-jacent de ses paroles ne lui échappa pas. Il resta immobile, attentif, tandis qu’elle poursuivait, sa voix aussi douce que l’éclat de la lumière filtrée à travers les vitraux.

— Ton père et moi avons discuté de cette mission, Eldrin. Nous avons convenu que l’heure était venue pour toi de montrer ce dont tu es réellement capable. Sans le confort des ressources familiales.

Un silence lourd s’installa. Eldrin sentit ses muscles se raidir, bien qu’il s’efforçât de garder son expression parfaitement neutre.

— Ainsi, vous saviez déjà…

Lady Valen esquissa un geste léger de la main, comme pour écarter cette évidence, puis plongea son regard dans le sien.

— Je ne suis pas celle que l’on surprend, Eldrin, pas plus que ton père ne l’est. Nous t’observons tous les deux, chacun à notre manière, et il est temps pour toi de prouver que tu peux survivre et réussir sans que chaque obstacle soit aplani pour toi.

Eldrin serra imperceptiblement la mâchoire. Il s’était attendu à tout, sauf à cela. Il connaissait l’inflexibilité de son père, mais il avait espéré trouver en sa mère une alliée. Ce qu’il trouva, en revanche, fut une adversaire plus subtile, capable de tendre des pièges où lui-même avait cru pouvoir manipuler la situation.

— Et vous avez accepté cela à contrecœur, j’imagine ? murmura-t-il, laissant une pointe d’ironie glisser dans sa voix.

Lady Valen détourna légèrement le regard, ses doigts caressant distraitement le tissu brodé de sa robe.

— Je ne suis pas insensible à ta situation, mais ton père a raison sur un point : il te faut apprendre à conquérir ton propre chemin. C’est un jeu dangereux que nous jouons ici, mon fils. Crois-moi, il est parfois plus difficile pour une mère de rester en retrait que d’agir.

Eldrin inspira profondément, s’obligeant à ravaler sa frustration. La colère n’était pas une arme ici ; la patience et la réflexion, en revanche, pouvaient encore le sauver. Il inclina légèrement la tête, masquant ainsi son agacement derrière un air feint de soumission.

— Alors, c’est ainsi ? Je dois partir avec ce que j’ai, ou plutôt avec ce que je n’ai pas ?

Lady Valen releva la tête, une lueur indéfinissable brillant dans ses yeux gris.

— Exactement. Mais ne te méprends pas : Nous ne sommes pas si cruels à laisser notre enfant dépourvus. Tout ce qu’il te faut, tu l’as déjà en toi. C’est maintenant à toi d’en convaincre le monde.

Elle reprit ses ciseaux, comme pour signifier que l’échange était clos, et se remit à tailler les minuscules branches du buisson avec une précision presque théâtrale. Eldrin resta là un instant, immobile, puis s’inclina légèrement, reconnaissant qu’il n’obtiendrait rien de plus. Une fois encore sa mère avait tourné la situation et il se retrouvait confronté à ses propres aspirations, impossible d'aller à l'encontre de ce qu'il avait toujours réclamé.

— Fort bien, mère. Je relèverai ce défi, puisque vous semblez croire que c’est ce qu’il me faut.

Lady Valen ne répondit pas, mais un mince sourire réapparut sur ses lèvres, un sourire qui, pour Eldrin, ressemblait à une promesse silencieuse. Sans ajouter un mot, il tourna les talons et quitta la serre, la porte se refermant doucement derrière lui.

Dans le couloir, il s’autorisa enfin un soupir agacé. Il n’aurait ni argent ni appui. Mais si sa mère et son père voulaient voir de quoi il était capable, il leur prouverait qu’il pouvait se débrouiller seul. Il était un Valen, après tout. Et les Valen ne s’effondraient jamais.

— Très bien, murmura-t-il pour lui-même, ses doigts tapotant distraitement le pommeau de sa ceinture. Voyons si je peux transformer leurs obstacles en victoires.

Un sourire froid étira ses lèvres tandis qu’il reprenait la direction de sa chambre. Le jeu venait de changer, et il comptait bien s’en saisir.

17/12/2024 18h19
Cassiopée Talitha
Cassiopée Talitha

Une fois sur le porche de sa maison, Cassiopée pris une grosse inspiration, frotta ses yeux en espérant qu'ils ne soient pas trop rouges et commença à marcher dans les rues d'Eauprofonde. Ses premiers pas loin se chez elle lui semblèrent lourds et l'envie de faire demi-tour pour expliquer qu'elle ne remplirait pas cette mission absurde était forte. La magicienne s'était toujours vue comme un rat de bibliothèque, une créature d'habitudes et de familiarité qui n'aimait rien plus que sa petite routine et les ronronnements familiers d'un quotidien rythmé par les mêmes lieux et les mêmes gens. Le changement la stressait et les mutations brutales de son environnement étaient pire que tout. Alors voyager, n'en parlons même pas ! Pourquoi s'épuiser aux quatre coins du monde quand les livre pouvaient nous y mener tout aussi efficacement à moindre effort ?

Toute à sa réflexion, la jeune femme ne se rendit pas compte que sa marche se faisait progressivement plus légère. Si son sac était lourd, son coeur s'allegeait à chaque pas. Se promener une dernière fois dans des rues qu'elle connaissait, vers une destination donnée, était juste ce qui lui fallait et un bon échauffement. Elle arriva devant le petit manoir des Valen le souffle court et les joues rougies par l'effort, mais globalement moins triste qu'en quittant Jasmine.

Cassiopée s'ébroua un peu, frotta ses joues et toqua à la porte aussi fermement qu'elle le put, c'est-à-dire dire pas trop.

20/12/2024 23h17
Vilrena
Vilrena

Le quartier maritime était le genre d'endroit qui m'inspirait des sentiments contradictoires. D'un côté je portais au décor un intérêt tout... et bien, professionnel : tous ces manoirs, ces grandes maisons, ces jardins, ces murs où chercher les prises, ces incessantes patrouilles de garde dont noter les habitudes...

C'étaient les gardes qui m'inspiraient les sentiments plutôt négatifs que j'avais avec ce quartier. Surtout leurs regards méprisants envers mes cornes et... peut-être aussi ma propension à avoir mon regard qui se posait sur des fenêtres qui ne m'appartenaient pas ; à regarder si des barreaux ouvragés en interdisaient le passage...

Bref, même si j'y étais habitué à des degrés diverses, ce n'était jamais agréable de se faire reluquer comme si on avait pas sa place là où on se tenait, ou bien comme si on allait commettre un acte délictueux tôt ou tard parce qu'après tout, les cornes valaient mille mots...

Toute à ces vilaines pensées, je finissais par arriver à l'adresse transmise par Eldrin. Je n'étais qu'à moitié étonnée de voir ma soeur plantée comme un bouquet de fleurs devant la porte, sans doute paralysée à l'idée de l'ouvrir elle-même et de "déranger". Je soupçonnais ma soeur de concevoir chaque jour des tas et des tas de moyens de déranger autrui et qu'il fallait absolument éviter de faire. respirer trop fort, en était probablement une.

Heureusement, moi je ne me prenais pas la tête avec ce genre de considérations.

- Et bien Cass tu attends quoi ? Une invitation ? Lui lançai-je en arrivant à son niveau avant d'actionner la poignée de porte. Je mis à peu près trois secondes et autant de coup de poignet frénétique avant de saisir qu'elle était verrouillée. Mais comment ! Quel était donc ce quartier ? Les gens avaient peur qu'on les vole ou quoi ?

- Eldriiiin c'est nous ! fis-je d'une voix sonore en toquant vigoureusement la porte avec mes jointures.

22/12/2024 00h02
Eldrin Valen
Eldrin Valen

La porte s’ouvrit enfin, dévoilant un homme d’âge mûr impeccablement vêtu d’une livrée d’un noir profond, ornée de boutons argentés. Son visage, d'un calme glacial exprimait une neutralité étudiée, mais le plissement de ses lèvres trahissait une légère irritation qu'il tentait de camoufler avec la maîtrise d'un professionnel aguerri.
Ses yeux, perçants et d’un gris acier, passèrent rapidement d'une Cassiopée au visage rougi et légèrement décoiffé à Vilrena, s’arrêtant un instant de trop sur ses cornes en soulevant un sourcil interrogatif avant de se recentrer avec professionnalisme.

- Mesdemoiselles, dit-il d’un ton courtois mais légèrement glacial, je ne doute pas de l’enthousiasme qui vous a menées ici, mais pourriez-vous envisager de à l'avenir de toquer avec un peu plus de.... délicatesse lors d'une prochaine visite. Cette porte, bien que robuste, mérite d’être traitée avec un minimum de respect.

Le ton était poli mais le reproche à peine voilé et avant qu'une des deux invités ne puisse dire quelque chose il ajouta.

- Vous devez certainement êtres les demoiselles Cassiopée Talitha et Vilrena. Le jeune maître nous a prévenu de votre arrivée. Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer.

Joignant le geste à la parole, il s'écarte, les invitant par la même à entrer.

Elles penetrèrent dans un large vestibule avec un haut plafond orné de moulures complexes, des murs couverts d'étagères remplies de livres anciens et au sol un tapis épais étouffant les bruits des pas.

- Je vais vous conduire au petit salon et faire prévenir monsieur de votre arrivée.

Il les devança à travers un large couloir, passant devant une série de vitrines en bois ou reposaient divers objets à l'apparence ancien, des instruments de mesure, des tablettes gravées de symboles ainsi que des parchemins et les livres usés par le temps.

Il les conduisit jusqu’à une pièce baignée de lumière naturelle, à la fois élégante et chaleureuse. Les murs étaient couverts de portraits d’érudits au regard sérieux et de bibliothèques remplies à craquer de vieux ouvrages et d'objets poussiereux. Au centre, un grand canapé de cuir brun patiné et deux fauteuils assortis entouraient une table basse ornée d’un plateau en verre sur pieds ouvrages sur laquelle tronait un vieil encrier et une pile de feuillets vierges. L’endroit sentait le cuir, la cire d’abeille, et par moment des relents de poussière et de thé.
Une grande fenêtre cintrée donnait sur un jardin ou l'on distinguait des allées bordées de haies plus ou moins bien taillées.

- Si vous voulez bien prendre place, dit le majordome en leur désignant le canapé d'un geste fluide. Puis je vous débarrasser de vos affaires ou de vos manteaux et vous proposer une boisson ?
Thé, café ou peut-être une infusion ?

Edition 22/12/2024 14h26 par fenryll
22/12/2024 14h24
Cassiopée Talitha
Cassiopée Talitha

La nonchalance de la tieffeline laissa Cassiopée momentanément sans voix, figée dans une expression de surprise qui passa très vite à l'horreur. La pauvre magicienne s'agita autour de sa soeur, hésitant à tirer de force ses poings qui martelaient la porte, hurlant telle une brute sans aucune éducation ! Cassiopée connaissait une souffrance intérieure déchirante qui se transforma immédiatement en honte, le visage encore plus rouge, dès que le majordome ouvrit enfin la porte. Qu'est-ce que les Valen allaient penser d'elle désormais ? Et tout ça à cause de Vilrena !

Avec un hochement de tête piteux, Cassiopée emboita le pas de l'homme, la frustration montant dans sa gorge comme une eau bouillonnante. Seule sa curiosité finit par la sortir de son marasme alors qu'elle parcourait les couloirs. Ses yeux se levèrent vers les nombreux tableaux avec intérêt, s'attardant sur les vitrines et les nombreux objets qu'elle contenait jusqu'à ce que son cou n'en puisse plus de se tourner. Ce n'était pas bien de penser pareille chose et le rose teinta les joues de Cassiopée quand elle y songea, mais une partie d'elle-même finit par se dire que c'était peut-être une chance pour elle que de se rapprocher d'Eldrin. Le jeune homme pouvait-il vraiment être aussi passionnée qu'elle par les artefacts ? Ce serait... Agréable d'avoir quelqu'un pour en discuter en dehors de sa famille.

La voix hivernale du domestique la tira brusquement de ses songes et elle cligna des yeux un instant avant de retrouver le cours des événements.

"Oh, heu... Un thé noir avec un nuage de lait et une cuillère de miel, si possible. Je vous remercie beaucoup." Elle inclina la tête doucement en un témoignage poli de reconnaissance, jetant un coup d'œil angoissé à Vilrena, anticipant une nouvelle catastrophe.

27/12/2024 14h50
Vilrena
Vilrena

Nous fûmes accueillies par ce que je soupçonnais être un véritable vampire ou autre mort-vivant qui était sorti de sa tombe au son de la porte secouée. Sans doute qu'il ne sortait de son sommeil millénaire que pour accueillir les invités et qu'il montait une garde neurasthénique, mais permanente, le reste du temps. En plissant les yeux j'étais persuadée que je parviendrais à voir les grains de poussière glisser le long de ses épaules.

Je fus poliment rabrouée pour avoir été vilaine avec la porte, événement pour laquelle je ne conçus pas une once de culpabilité : elle était maintenant ouverte et je lui avais donné un nouveau sujet de conversation et de plaintes avec ses confrères qui tiendrait facilement une à deux semaines. Je m'attendais plutôt à des remerciements. Et en bonus ma soeur était en train d'essayer de me rivaliser, niveau couleur des joues. Ou alors elle faisait une apoplexie.

On fut ensuite entrainées dans un petit salon où assurément nous serions mieux là assises que debout à attendre que sir Eldrin soit disponible. C'est vrai quoi nous étions invitées chez lui et quand on arrive la porte est fermée ? La prochaine fois je lui ferais sauter la serrure, pour lui apprendre.

- Un café noir, dis-je à la suite de ma soeur suite à la question du majordome. Puis, en me rappelant que l'on était chez les richous et qu'ils en avaient souvent en quantité... Avec du sucre.

- Et bien tu vois, dis-je à ma soeur en m'affalant sur un des fauteuils une fois que le gris serviteur était reparti avec nos commandes en tête. Maintenant on peut poser nos der... nos fesses plutôt que de rester debout à attendre on ne sait combien de temps.

27/12/2024 15h13
Eldrin Valen
Eldrin Valen

Tandis que les deux sœurs patientaient en observant les lieux, le majordome revint quelques instants plus tard, portant un plateau d’argent parfaitement poli en équilibre sur sa main gantée où étaient disposées leurs commandes. Chaque tasse reposait sur une petite soucoupe en porcelaine fine, ornée de motifs floraux délicats. Il posa doucement le thé noir de Cassiopée devant elle, accompagné d’un pot de miel et d’un petit pichet de lait. Juste à côté, il déposa un café noir fumant pour Vilrena, accompagné de quelques morceaux de sucre dans un récipient assorti.
Il posa délicatement les tasses sur la table basse, veillant à ne pas déranger l’arrangement déjà présent sur le plateau de verre.

- Voici vos boissons, dit-il avec une voix mesurée, en inclinant légèrement la tête. Si vous avez besoin d’autre chose, n’hésitez pas à m’appeler. Monsieur Eldrin vous rejoindra dans quelques instants.

Il inclina légèrement la tête en signe de respect avant de quitter la pièce d’un pas feutré, laissant derrière lui une odeur subtile de cire et de linge fraîchement amidoné.

Le majordome monta les escaliers qui menaient à l'étage, où se trouvaient les appartements de la famille Valen. Il s’arrêta devant une porte aux motifs sculptés et frappa doucement avant d’entrer.

À l'intérieur de sa chambre, Eldrin terminait de boutonner sa veste en velours noir, ornée de discrètes broderies dorées. Ses cheveux étaient soigneusement peignés, mais une mèche rebelle semblait vouloir défier toute tentative de discipline. Une table près de la fenêtre était encombrée de livres ouverts, de parchemins griffonnés et de divers autres objets.

- Monsieur, vos invitées sont arrivées et attendent dans le petit salon, déclara le majordome d’un ton respectueux.

Eldrin se tourna, ajustant les manches de sa veste.

- Merci, Frédéric. Je descends dans un instant. Il marqua une pause en observant le visage du majordome. Un problème avec ses demoiselles ?

Le majordome hésita une fraction de seconde, comme s’il choisissait soigneusement ses mots.

- L’une d’elles… s’est montrée particulièrement expressive envers la porte d’entrée, mais rien de bien insurmontable.

Eldrin emis un léger gloussement rieur en s'imaginant la scène.

- Je vois, pouvez-vous récupérer mon sac ainsi que ma cape de voyage et les descendre ? Je vous en remercie.

Le majordome inclina la tête et quitta la pièce sans un mot de plus, emportant les affaires du jeune homme avant de refermer la porte derrière lui.
Eldrin prit une profonde inspiration, jetant un dernier coup d'œil à son reflet dans le miroir pour s'assurer que son apparence était correcte avant de quitter sa chambre.
Alors qu’il descendait l’escalier, ses pensées vagabondaient. Il ne connaissait pas vraiment Cassiopée mais cette dernière semblait être une passionnée de savoir et une érudite, mais il se demandait également ce que sa sœur Vilrena, visiblement d'une nature plus effrontée, aurait comme incidence sur cette visite. Seul le temps le dirai.
Il ne pouvais pas non plus s'empêcher de penser aux paroles des ses parents, notamment de sa mère concernant cette mission et ce qu'elle pourrait lui apporter.

Il pénétra dans le petit salon, faisant signe aux jeunes femmes de rester assises.

- Ravi de vous revoir mesdemoiselles, j'espère que votre déjeuner s'est bien passé et que attente n'a pas été trop longue ?

Il alla s'affaler dans un fauteuil.

- Avez-vous pu avoir des informations supplémentaires quand à notre petite virée ?

27/12/2024 18h47
Cassiopée Talitha
Cassiopée Talitha

"Merci beaucoup !"

La vision du plateau fit presque rosir de plaisir les joues de Cassiopée. Ses yeux scintillait de convoitise quand elle ajouta le miel puis le lait dans sa boisson qu'elle dégusta debout, pour mieux observer chaque artefact et livre présent dans la pièce. Autant dire que la remarque de Vilrena fut accueillie d'un distrait hochement de tête, témoignant que la magicienne avait entendu sa remarque et probablement peu écouté. L'inspection d'une nouvelle bibliothèque ou d'une collection personnelle d'artefacts était doublement fascinante pour la jeune femme. Il y avait d'abord la découverte des inconnus bien-sûr, l'opportunité de voir en personne des titres et des objets que l'on connaissait de nom et puis enfin il y avait ce que l'ensemble racontait du propriétaire...

Enfin, l'entrée d'Eldrin, trop rapide à son goût, finit par la sortir de cette contemplation gourmandes. Sa bouche se courba dans un soupir, ponctué par une moue un peu déçue qui disparut aussitôt lorsque Cassiopée considéra enfin la question posée. Elle n'avait guère pris le temps de chercher davantage d'informations chez elle. Mordillant sa lèvre elle alla finalement rejoindre un fauteuil et répondit, avec l'air contrit d'une bonne élève qui n'a pas fait ses devoirs :

"Pas plus que ce que je vous ai déjà dit... Désolée."

[Jet investigation : 16 + 4 + 2 = 22]

Console R.P.

Lancé de 1d20+6 ~ [16] : 22

Edition 03/01/2025 17h22 par Elindine
02/01/2025 23h13
Vilrena
Vilrena

Le majordome finit par revenir, scellant toute réponse possible de la part de ma sœur, bien trop occupée à profiter de sa boisson ou alors de mirer la déco. Pour ma part j'avais écrasé entre mes doigts tous mes morceaux de sucre au dessus de mon café avant d'avaler ce dernier d'une traite, un oeil occupé à traquer le regard de Cassiopée qui se promenait d'artefact en artefact. L'intérêt qu'elle y portait était probablement celle d'une érudite mais je me demandais à quel point cet intérêt pouvait coïncider avec la valeur qu'ils pourraient avoir au marché noir.

Finalement, Eldrin arriva, nous incitant à rester assises, ce qui me convenait très bien car un levé de la part de Cassiopée et de ma personne était une regle de politesse que j'avais tellement ignoré sciemment avec les années que je me rendais compte que je l'avais complétement oublié

- Ravi de vous revoir mesdemoiselles, j'espère que votre déjeuner s'est bien passé et que attente n'a pas été trop longue ?

Je renifla discrètement, j'eu bien envie de faire remarquer que lorsque l'on invitait des personnes chez soi on ne laissait pas la porte fermée mais j'avais conscience que ce n'était pas un concept très partagé. À vrai dire je venais de l'inventer à l'instant.

- Avez-vous pu avoir des informations supplémentaires quand à notre petite virée ?

Je fis le tour de la question et la réponse était : quasiment rien. Ou plutôt rien que je n'avais très envie de partager avec la troupe. Au point que je me fis la résolution de ne rien dire de ce que j'avais appris mais je tournai casaque à l'instant où j'entendis la petite voie peinée de ma sœur avouer qu'elle n'avait rien apprit de son côté. À présent toute information que j'allais apporter n'allait qu'augmenter l'embarras de ma sœur, cela valait bien une petite confidence :

- Juste que notre comte a récemment fait l'acquisition de quelques gros félins exotiques. Dis-je en calant mon dos contre le dossier de fauteuils très confortable au demeurant.
"Probablement pour les exhiber devant tous ses invités et prouver par là même que c'est lui qui a la plus grosse... je fis semblant de tousser, largesse de bourse."

03/01/2025 14h08
Eldrin Valen
Eldrin Valen

Eldrin, confortablement installé dans son fauteuil, observait ses deux invitées avec une lueur d'amusement dans le regard. Il ne pouvait s'empêcher de s'étonner de voir deux personnalités si opposées réunies dans la même fratrie.

Il écouta attentivement leurs rapports. Cassiopée, avec le peu de temps à sa disposition, n’avait pas appris grand-chose, ce qui n’était pas surprenant. Vilrena, en revanche, semblait avoir découvert quelques informations intéressantes, ce qui, compte tenu de son arrivée récente, relevait presque de l’exploit.

La dernière remarque de Vilrena provoqua chez Eldrin un éclat de rire qu’il contint rapidement. Se redressant légèrement, il se pencha vers elles.

- Il semblerait que nos informations s'accordent ma chère Vilrena. Comme vous le dites si bien, il est effectivement question de prendre la mesure de la taille de la bourse de notre hôte et de voir à quel point il serait disposer à nous en faire profiter.

Il marqua une pause, scrutant leurs réactions avant de poursuivre.

- Pour faire simplement, si je devais résumer, le comte de Cormaeryn à beaucoup apprécié les travaux de Cassiopée sur certains artefacts et il se trouve que j'y ai également porté un certain intérêt à ma façon.

Il adressa un clin d'œil à Cassiopée.

- Partant de là, afin de s'attirer les bonnes grâces d'un mécène, il a été décidé d'envoyer au comte une jolie jeune femme dont il apprécie le travail ainsi qu'un homme avec un nom et un certain talent pour appâter un gros poisson qui serait disposé à dépenser beaucoup pour financer une grande expédition.

Il inspira profondément avant de conclure.

— Et pour ne rien gâcher, ce genre de voyage serait bénéfique afin de donner l’occasion de sortir des couloirs des bibliothèques, de prouver sa valeur sur le terrain et d’acquérir une expérience précieuse.

Se renfonçant dans son fauteuil, il ajouta nonchalamment :

— Voilà tout ce que je sais. Les chevaux nous attendent aux écuries. Nous partirons dès que vous serez prêtes.

03/01/2025 17h19
Cassiopée Talitha
Cassiopée Talitha

Avant le retour d'Eldrin, l'attention de Cassiopée s'était portée d'abord sur les différents objets présents dans la pièce. Ceux qui attirèrent surtout son regard étaient anciens, parfois abîmés par le temps, rien de magique à priori et Cassiopée n'allait pas pousser son investigation plus loin pour en savoir plus. Ce ne serait pas très poli ni très professionnel. Elle se détourna donc des reliques et amulettes pour laisser ses yeux allaient vers la bibliothèque, scannant le dos des livres et les mots qu'elles pouvaient distinguer sur les parchemins en vrac. Deux ouvrages attirèrent particulièrement son attention et elle consulta brièvement celui qui portait sur des civilisations oubliées et, en particulier, sur leurs artefacts, avant de s'attardaient plus longuement sur un herbier, pensant y rafraîchir sa mémoire quant à quelques plantes de la région utile aux voyageurs.

Les deux ouvrages semblaient avoir été traités avec soin, mais aussi beaucoup lu : quelques notes manuscrites sur leurs pages en témoignaient et Cassiopée se demanda si c'était là l'oeuvre du fils Valen. C'est donc le dernier livre encore en main qu'Eldrin surpris sa lecture en faisant son entrée, arrachant un sursaut à la magicienne. Elle remit fébrilement, mais soigneusement l'ouvrage en place, comme si elle avait bravé un interdit en assouvissant sa curiosité, avant de rejoindre un siège.

Entre cela, l'admission de son manque de connaissance supplémentaire et les ajouts de Vilrena qui l'enfoncèrent encore dans un sentiment d'inadéquation, le visage de la pauvre petite magicienne avait repris les belles couleurs roigeaudes de sa course dans la ville. Quand Eldrin prit la parole pour exposer sa propre vision des choses, Cassiopée avait les yeux bas et le dos voûtés, mordillant ses lèvres et agitant une jambe nerveusement tout en écoutant. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi ses plus récents travaux avaient attiré l'attention des deux nobles, le vieux inconnus aussi bien que le jeune homme devant elle. Elle n'avait vraiment rien découvert de très renversant, ou alors n'en avait pas conscience, ce qui lui semblait encore plus inquiétant. Et puis Eldrin déroula un peu plus son idée et aux mots "jolie jeune femme dont il apprécie le travail", Cassiopée se retourna vers Vilrena avec des yeux ronds, avant de se rappeler que la venue de la roublarde n'était pas prévue à la base et que donc... C'était elle dont parlait leur hôte. C'est le visage presque aussi rouges que celui de sa soeur que Cassiopée fit volte-face si brusquement que son genou vint percuter le bois du bureau, lui arrachant un glapissement douloureux, alors qu'elle saisissait le membre endoloris entre ses mains. Ce n'est qu'après une seconde aussi longue que mortifiante et un pauvre couinement qu'elle se força à se lever pour devancer Eldrin à la porte.

"Ah... Hm... Oui, pressons-nous ! Le comté est loin et la fête trop proche. N-nous ne pouvons pas faire attendre notre commanditaire."

Edition 04/01/2025 23h55 par Elindine
04/01/2025 23h55
FroloX
FroloX

Bousculés dans leurs habitudes, le trio allait bientôt quitter la cité des splendeurs, délaissant famille et travail pour affronter les mystères et les dangers de la Côte des Épées... De quoi stresser passablement certains d'entre eux.

Arrivés aux écuries de la maison Valen, les jeunes aventurières découvrirent qu'elle comptait cinq chevaux, dont deux de trait, mangeant tranquillement leur foin dans leur box.
Un palefrenier terminait d'installer une sacoche de selle sur une belle jument alezane avec une étoile blanche sur le front. De la taille d'Eldrin au garot, sa crinière avait été tressée. Sur un écriteau cloué sur la stale à côté d'elle on lisait : "Kanelle".
Non loin, deux hongres à la robe noire étaient prêts également, selle, filet et sacoche en place. Ils semblaient calme, levant à peine la tête à l'arrivée des nouveaux venus. En s'approchant, on pouvait lire leurs noms également : "Nyx" et "Lucifer".

Une fois le choix de leur moyen de transport effectué, ils rejoignirent rapidement les rues encombrées d'Eauprofonde... qu'ils évitèrent en grande partie grâce aux bons conseils de Vilrena. Ils purent ainsi passer la porte sud avant le milieu d'après-midi.

Les Sentinelles, vêtus de leurs habituelles armures noires, or et argent ne leur posèrent aucun problème et c'est avec une nostalgie certaine qu'ils s'éloignèrent d'un bon pas des hauts remparts de la ville.

Console R.P.

Distribution de 284px (Notes) à Vilrena
Distribution de 370px (Notes) à Cassiopée Talitha
Distribution de 57px (Notes) à Quarion
Distribution de 295px (Notes) à Eldrin Valen

07/01/2025 10h22
Eldrin Valen
Eldrin Valen

Eldrin guida le petit groupe à travers les couloirs de la maison Valen jusqu’à une porte menant à l’extérieur. Les écuries se trouvaient à quelques pas, nichées au bout d’un chemin bordé de haies bien taillées. L’air était vif, porteur d’un mélange d’odeurs de foin, de cuir et de chevaux.

Lorsqu’ils entrèrent, le palefrenier s’inclina légèrement et indiqua les montures prêtes. Eldrin observa les chevaux alignés, et ses yeux s’arrêtèrent immédiatement sur Lucifer, un grand hongre noir à la robe lustrée et aux yeux vifs. Un sourire effleura ses lèvres.

— Bien sûr, ce sera toi, murmura-t-il comme s’il s’adressait directement à l’animal.

Sans perdre de temps, Eldrin s’approcha de Lucifer et caressa son encolure avant de vérifier les sangles et les sacoches déjà fixées. Avec un geste fluide, il plaça ses affaires personnelles – une petite sacoche contenant des documents et un nécessaire d’écriture, ainsi qu’une couverture de voyage – dans l’une des sacoches de la selle. Il resserra ensuite la sangle, murmurant des mots apaisants au cheval, qui secoua la tête mais resta parfaitement immobile. Une fois qu'il se fut assurer que tout était prêt, Eldrin attrapa doucement les rênes de Lucifer, le grand hongre noir, et guida le cheval vers la sortie de l’écurie tout en observant comment s'en sortaient Cassiopée et Vilrena.
Le groupe suivit en silence, leurs montures avançant avec un pas mesuré, presque solennel. Le soleil de l’après-midi baignait la cour de lumière, accentuant les ombres des bâtiments élégants et des arbres soigneusement taillés.

En avançant vers l’entrée de la propriété Valen, ils passèrent devant le jardin d’hiver, une grande serre magnifiquement conçue en verre et fer forgé, qui scintillait sous les rayons dorés. La lumière jouait sur les panneaux de verre, projetant des reflets mouvants sur les pavés du chemin. À l’intérieur, parmi les plantes soigneusement entretenues et les fleurs aux couleurs vives, une silhouette féminine attirait l’attention.

C’était la mère d’Eldrin. Grande et gracieuse, elle dégageait une élégance naturelle, amplifiée par sa robe fluide d’un violet pastel qui semblait presque éthérée dans cette lumière. Ses cheveux relevés en un chignon simple mettaient en valeur ses traits fins et son port altier. Elle se tenait près d’un arbuste en fleurs d’un rouge éclatant, ses doigts effleurant délicatement les pétales comme si elle conversait silencieusement avec la plante. Sa posture, droite mais détendue, trahissait une confiance tranquille, celle d’une femme habituée à commander sans élever la voix.

Lorsqu’elle aperçut le groupe, elle releva la tête, ses yeux clairs trouvant immédiatement ceux de son fils. Un sourire léger se dessina sur ses lèvres, empreint d’une douceur qui contrastait avec son allure stricte. Elle leva une main dans un geste discret mais significatif, un salut qui n’était pas seulement pour Eldrin, mais aussi une bénédiction silencieuse pour leur voyage.

Eldrin ralentit instinctivement sa marche, comme s’il voulait ralentir ce moment. Son visage habituellement marqué de légèreté et d'insouciance, prit soudainement une expression plus grave, presque solennelle. Il hocha légèrement la tête en retour, son regard soutenant celui de sa mère, une lueur d’affection et de respect passant entre eux sans qu’un mot ne soit échangé.

Alors qu’ils reprenaient leur chemin vers le portail, les bruits de la serre et des jardins s’estompaient derrière eux, remplacés par le tumulte lointain de la ville. Mais pour Eldrin, ce simple échange silencieux avec sa mère avait ancré quelque chose en lui, une force invisible qu’il porterait avec lui dans les épreuves à venir.
Ils franchirent bientôt le portail de la propriété, laissant derrière eux les demeures élégantes et les jardins soignés de la maison Valen. Les rues d’Eauprofonde s’étendaient devant eux, bruyantes et encombrées, mais un voyage bien plus grand les attendait au-delà des murs de la ville.
Dès qu'ils eurent franchi les portes de la citée, un long chemin sunuant à travers le décor de la campagne s'offrait à leur regard, une promesse le liberté et d'aventure, mais peut-être aussi de danger....
Eldrin raffermi sa prise sur les rênes à cette idée tout en jetant un coup d'œil aux deux jeunes femmes.

08/01/2025 11h29
Quarion
Quarion
  • "Il va faire nuit verdouille recherchions un coin tranquille pour passer la nuit. "

    La nuit venant, je stoppe mon pistage et je mets en recherche d'un coin tranquille pour passer la nuit, je mets mes sens à l'action (perception, Intuition et nature)
    Pour retrouver ce coin tranquille

    jets
    Perception +1 : 17
    Intuition +1 : 20
    Nature +0 : 20
Console R.P.

Lancé de 1d20+1 ~ [16] : 17

Lancé de 1d20+1 ~ [19] : 20

Lancé de 1d20 ~ [20] : 20

Edition 08/01/2025 23h13 par P3X888
08/01/2025 23h13
FroloX
FroloX

Sur la voie du commerce


La Porte Sud passée, le trio pu constater à quel point la saison estivale était celle des marchands ! Sur la route pavée, à perte de vue, une file ininterrompue de charriots pleins à craquer de marchandises attendait d'obtenir le sésame pour accéder à Eauprofonde. Voilà pourquoi les voyageurs n'avaient pas été arrêtés lorsqu'ils quittaient la ville...

Pour le moment, ils avaient le soleil dans le dos, car la route longeait la Mer des Epées jusqu'à l'embouchure du fleuve Dessarin. Les jeux de lumière étaient magnifiques, transformant l'écume marine en prisme multicolores. Ainsi, ils avaient du mal à fixer le littoral. On pouvait y voir quelques navires bravant les récifs pour rejoindre le port de la Cité des Splendeurs ou en partance pour la Porte de Baldur au sud, de Padhiver au nord ou peut-être plus loin encore.

Remontant la file d'attente, il ne leur fallut que quelques heures pour rejoindre l'immense pont de pierre qui enjambait le fleuve en direction du sud. Le Dessarin était large et profond et des barges chargées de marchandises s'y croisaient. Elles devaient être en provenance ou à destination de Yartar et d'autres citées plus au nord.

De l'autre côté, on devinait les frondaisons de la forêt d'Arprofond aux arbres millénaires. Eldrin se souvenait que sa mère lui parlait des saules céruléens, des arbres cendrés ou des hydrochênes qui la composait. A l'occasion, il faudrait qu'il essai de se rappeler d'un peu plus de détails que de leurs noms. Après tout, ils allaient la longer pendant deux jours...

Les chevaux ayant l'air en forme et la nuit tombant bien plus tard à cette époque de l'année, ils purent continuer leur route jusqu'à l'auberge des Cents Pieds. Le bâtiment avait été construit à quelques mètres des falaises naissantes de la bien nommée Côte des Epées. En effet, l'à-pic à cet endroit était à peine plus haut que les plus hautes tours de la cité. Mais plus loin à l'horizon, les voyageurs pouvaient deviner des hauteurs jusqu'à dix fois plus élevées, rendant quasi-impossible l'accès depuis la mer, en dehors de quelques rares ports nichés dans des trouées.
A partir de ce point, suivant l'orée de la forêt, la route s'éloignerait du littoral ce qui épargnerait les personnes sujettes au vertige, mais les priverait également d'une vue absolument magnifique sur le coucher de soleil en cette fin de printemps. Le ciel, inhabituellement clair et sec offrait néanmoins quelques nuages irisés de rouges, d'oranges et de jaunes. En assistant à ce spectacle, le trio devait se dire que ce voyage s'annonçait merveilleux...

Les deux jours suivants ne les détrompèrent pas, car la route sillonnée de marchands et de patrouilles ne présentait aucun réel danger ; Mis à part les courbatures occasionnées par les heures passées à dos de cheval. Peu habitués à ce genre de sollicitations, leurs corps réclamaient une trêve. Pourtant, même si leur voyage se déroulait bien, ils ne voulaient pas prendre le risque de perdre leur journée d'avance...

Ainsi, le soir de l'avant veille du solstice, aux dernières heures du jour, ils furent en vue de leur logement pour la nuit ; si ses occupants étaient prêts à les accueillir.
En effet, d'après les informations recueillies auprès des caravanes qu'ils avaient croisées, il leur restait encore trois bonnes heures de route avant d'atteindre leur destination : le petit village de Cormaeryn.
Devant eux, se dressant le long de la route, les immenses murs d'un monastère leur promettait une nuit dans un lit à l'abri et de quoi nourrir leurs chevaux fourbus... A moins qu'ils ne préféraient l'herbe fraiche ? Le ciel se faisait menaçant et il ne fallait pas être un expert pour comprendre que la chaleur des deux derniers jours serait bientôt un lointain souvenir. D'ailleurs un coup de vent charriant humidité et fraicheur le leur confirma au moment où ils atteignait les portes du monastère.
Au dessus de l'ouverture, sculpté dans le bois et rehaussé de feuilles d'or, une balance posée sur un marteau de guerre ne laissait pas de doute quand à l'obédience des moines logeant ici. Par la porte grande ouverte ils pouvaient voir une compagnie de soldats au garde à vous dans la cour, attendant l'inspection de leur commandant. Non loin, on entendait plusieurs chevaux hennir... ces soldats là étaient des cavaliers.

Qu'allaient faire nos voyageurs ?


Non loin au sud de Cormaeryn


Ce même soir, sur la piste d'une dangereuse bête qu'il ne pouvait qu'imaginer, le rôdeur elfe du nom de Quarion avait prit la décision de trouver un endroit où s'abriter pour la nuit.
Le bruissement des feuilles et l'odeur charriée par le vent lui révéla qu'il avait prit la bonne décision, car la pluie ne tarderait pas ! D'après son expérience, le grain qui s'annonçait ne serait pas anodin et il craignait qu'il ne brouille la piste qu'il suivait. Pourtant, braver les éléments ne serait pas d'un grand secours car la nuit compliquerait sa traque alors que le vent et la pluie la rendrait impossible...
Guidé par son instinct et son expérience, l'elfe des bois trouva rapidement l'endroit idéal pour s'abriter. Le dévers d'un immense rocher formait un toit et les buissons épais autour seraient des murs suffisamment touffus pour étouffer le vent. Un ru non loin drainerait l'eau de ruissèlement, lui assurant de passer la nuit à peu près au sec.
Bien sûr, Verdouille n'était pas du même avis, mais elle pourrait monter la garde un peu plus loin, profitant de l'eau du ciel pour s'hydrater...

Edition 10/01/2025 14h21 par FroloX
09/01/2025 16h48